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Sur l'Auteur

 

 

 

Sur Luigi Savagnone

 

Luigi Savagnone est un écrivain indépendant. Il écrit romans d'amour et d'imagination adapte à un public de tous les âges. Dans ces romans captivants et de lecture facile, ils sont insérés contenu aussi culturels et scientifiques.


Autres livres de Luigi Savagnone


 

Je Dis au Revoir, En Imaginant un Avenir, Je Fuis Loin, Nous Savions Que ..., L'Homme Sirène, Perdu dans le Désert


Chapitre 1 Prologue

Quand j'étais petit, les âgés de mon pays me répétaient en continuation que tous, tôt ou tard ils atteignent leur status idéal, et ils réussissent à vivre heureux, ou au moins sereins, le reste de leur existence avant que survienne la mort. Il est avec cette conscience et certitude, pour le fait qui ai toujours considéré sages et infaillibles les vieux qui m'ont instruit, que j'ai vécu ma jeunesse, mais même à maintenant, en combien je, de mon chant, je n'ai pas réussi à réaliser et à obtenir vraiment rien.......!!
 
 J’ai vingt-cinq ans, oui vingt-cinq ans et il me semble avoir vécu bien plus d’un quart de siècle. Tous ceux qui m’entourent, avec le temps, m’ennuient ; c’est comme une sangsue gigantesque qui, jour après jour, suce tout ce que j’ai de bon en moi : ma jeunesse, mon insouciance, mon amour. Je vois tout en gris et sordide, tout est mécanique. Chaque pas dans la rue me semble un rite, un rite trop usuel. Je pense à : Où a fini cette inspiration qui nous rend si différent des bêtes ; où a fini ce goût pour la connaissance qui nous a sorti du statut de barbares dans lequel vivaient nos aïeux des cavernes. Tout me semble statique, mécanique, télécommandé. Où a fini cette amitié qui nous a permis de nous réunir dans les villes ? où est cet amour, si sacré il y a deux-mille ans, et tant de profanes aujourd’hui, qui nous donnaient aussi un intérêt à la survie ? Les grosses usines se découpent à l’horizon et les cheminées noires vomissent des poisons dans l’atmosphère. Que nous a fait la nature pour la rembourser avec une telle monnaie ? Les côtes sont dorénavant polluées par les néfastes détritus puants que nous produisons. Que nous a fait cette mer si bénigne, qui nous lave chaque été de nos sueurs fétides, pour être remboursée d’une telle manière ? Souvent je m’approche des gens pour écouter leurs discours : tous logiques et idéaux en apparence, mais en levant le regard, et en le croisant avec le leur, je m’aperçois de la perfidie que renferme ces yeux. Ensuite, je me regarde moi-même et pense : pourquoi cette stupide viande a-t-elle besoin de nourritures et liquides si c’est pour tout expulser ensuite ! Il est donc inutile de lui donner si elle n’en fait pas bon usage ! Mais l’instinct de survie prévaut sur quelconque logique. Nous ressemblons tous à des automates, des animaux dépourvus de fantaisies et d’intelligence ! 
 Et les femmes, ensuite, à moi seul et abandonné comme je suis, elles me paraissent des ovnis tellement je suis incapable d’en trouver une ! Et, en conséquence de mon état d’âme, à chaque fois qu’une d’entre elles me sourit avec gentillesse, je suis convaincu qu’en réalité elle cache un monstre prêt à me déchiqueter ! J'ai besoin de sexe, sexe sans limites! Mais je ne veux pas être pris au piège! Je sais que au Haïti invoquent Erzulia, les anciens Egyptiens et plus tard les Romains, adoraient Isis, la déesse du sexe! 


Je suis allé très souvent avec des prostituées, les seules femmes disponibles, à vouloir faire l'amour avec moi, et je me suis laissé humilier, espérant au fond de mon cœur, que l'intérieur d'eux, il cachait une déesse, qui finalement concédé à moi ses grâces, même si, pour un prix ... 
 Pour tout cela et d’autres motifs, que je ne suis pas ici pour énumérer, j’ai donné un fondement à toutes mes économies suées et j’ai acquis une vieille baraque de pêcheur située sur un petit quai proche de chez moi. Je l’ai acheté pour deux-cent-mille lires, et je dois dire que je suis vraiment content d’avoir fait cette affaire. Pour dire la vérité, j’ai acheté seulement un peu de tranquillité, car la construction en elle-même ne vaut pas un quart de cet argent : elle est rectangulaire, six mètres par deux, toute en bois, pourrie car corrodée par la salinité, sale de moisissure car abandonnée à elle-même depuis longtemps. Je n’ai rien touché ni même rien nettoyé : cette odeur d’ancien me plait ! J’ai juste amené une petite table, une lampe à gaz, un petit poêle et un fauteuil pour mes méditations. Ensuite, ici, j’ai passé pas mal de mon temps à étudier un livre que m’a prêté un pêcheur. Je voulais apprendre à construire une barque, une petite barque avec des rames, pour pouvoir laisser la terre ferme et regarder d’un endroit vivant cette ville morte. Et pendant que j’étudiais comment panser le bois, les heures passaient en tranquillité absolue, cassée seulement par le bruit des flots qui se brisaient sur le petit quai, et par le léger sifflement du gaz qui maintenait en vie la flamme de la lampe. Je pensais à Hemingway et à son « vieil homme et la mer » et je m’identifiais à ce personnage fantastique, je m’imaginais vieux avec une copieuse barbe et inculte, mais avec l’esprit tranquille pendant que je goûtais à cette douce saveur de tabac en l’aspirant de ma pipe de bruyère. Ah ! Comme elle aurait été importante pour moi cette barque ! A quoi cela sert-il d’accumuler des trésors sur terre, si après elle est toujours agitée. A quoi cela sert-il d’avoir une famille, quand ensuite, ce sont ces mêmes fils, le sang de ton sang, les premiers à te piétiner. J’ai fait exprès d’étudier ce livre de bateaux dans ce lieu inconfortable et humide, au lieu de le faire confortablement à la maison, pour une seule raison très simple : quand je suis en ville, ce dégoût qui me remplie, même seul à écouter son vacarme, m’empêche toute forme de poésie, toute bonté d’âme, toute tranquillité intérieure, me rendant névrotique et donc incapable d’assimiler ces enseignements même si simples. Ici, au contraire, dans cette baraque si voisine géographiquement, mais si lointaine idéalement, je me transforme, je renais ! Ce pêcheur, qui m’avait prêté le livre, était disposé, moyennant une belle rétribution naturellement, à me fabriquer le bateau que je désirais. J’ai refusé ! La barque pour moi est sacrée, c’est le moyen qui me permet de vivre dans le vrai sens du terme, c’est le moyen d’être accueilli dans les bras bénéfiques de la mer. Et ce fut comme cela, qu’un jour, un jour froid de novembre, je décidai de mettre en pratique ces enseignements que le livre m’avait donné. J’achetai du bois, des clous, un marteau, un poinçon, une scie et un rabot. Je commençai à couper la coque et la quille de manière qu’elles fussent privées d’arêtes et bien polies. En fin de compte, ce sont les bases sur lesquelles s’appuient l’entière construction ; pour ce motif, je travaillai bien quinze jours pour les terminer. Ensuite, je fixai la roue de proue, qui est le point d’union des deux séries de virures. 


Pendant que je faisais ce travail, je me souvenais d’avoir lu que les Vikings considéraient cet axe de bois comme une partie essentielle de leurs bateaux, aussi d’un point de vue esthétique et ils les embellissaient avec des décorations et de véritables sculptures. J’ai toujours admiré les Vikings : un peuple dur et brut, mais juste. Grands conquérants, mais surtout grands explorateurs ayant découverts, ceci étant désormais prouvé, l’Amérique bien avant notre Christophe Colomb. Mes mains travaillaient presque automatiquement, pendant que ma fantaisie vaquait sans frontières de temps et d’espace. Après la roue de proue, ce fut le tour de l’opération la plus délicate et difficile : l’assemblage de virure. Chaque bande de bois nécessita bien dix jours de travail pour la couper, la raboter, l’assouplir, pour qu’elle put être fixée. Je mis à peu près quatre mois pour terminer cette opération, mais déjà, le plus gros était fait ; j’avais en fait monté le virure aussi bien intérieur, qu’extérieur, et j’avais même fixé les ordonnées, qui sont le véritable squelette du bateau. Je travaillais avec passion, et je me revoyais petit, quand je jouais avec les boîtes d’assemblage que m’offrait ma mère ; combien de temps est passé, combien d’espoirs se sont évanouis, combien de vices et caprices ont disparu ! Désormais je suis un homme, et vieux aussi pour l’âge que j’ai ! Après le virure, il ne me restait plus que la fixation du safran, qui est la partie du bateau sur laquelle s’appuie le gouvernail ; le gouvernail lui-même, la vaigre qui est une hampe de bois qui entoure tout le bateau, et qui est fixée à l’intérieur perpendiculairement aux ordonnées ; puis les bancs, les tolets qui servent pour faire tourner les rames, les rames elles-mêmes et enfin les étagères pour maintenir les bancs. Une belle couche de vernis était la touche finale et ma barque était prête. 
 J’étais frénétique, je ne voyais pas l’heure de prendre la mer et pour cette raison, je travaillais avec grande veine, attentif aux moindres particularités, en faisant coïncider à la perfection les différentes parties, qui devaient être fixées l’une à côté de l’autre, pour éviter aussi la moindre petite fissure qui pourrait m’amener des ennuis par la suite. Je mis un autre mois pour finir la construction. Je la peignit toute de bleu et j’étais fier de moi !

Ce lancement me semblait être un moment historique pour ma vie, il représentait ce moment dans lequel je réussissais à me séparer de cette triste et misérable vie sociale. 
 C’est le 15, du mois de Mai, et enfin je suis prêt : les flots sont accueillants et semble me susurrer : « Viens, viens vite, de grandes choses t’attendent ». Je suis ému, je dois l’admettre. Mais, réfléchissant peut-être avec un peu de masochisme, je pense qu’il vaut sans doute mieux que je passe un peu de temps en ville, loin de ma baraque et de ma bateau... Je suis sûr, qu’après quelques jours passés dans ce chaos, je serai tellement dégoûté que l’instant du lancement me semblera encore plus beau ! 
 Revenant, donc, à la maison pour reprendre ma vie de toujours, faite d’apprentissage studieux et de promenades solitaires, j’ouvre ma boite aux lettres et y trouve une enveloppe. Je regarde le timbre, pour voir, si, par hasard, c’était un ami étranger, connu dans le passé, qui m’écrivait. Non, le timbre provient de la poste italienne ; curieux, j’ouvre l’enveloppe et y trouve une lettre dactylographiée avec l’entête de la Banque Nationale du Travail. Etonné, je continue quand même la lecture, et les yeux exorbités, je lis que je suis accepté à la banque. Truc de fou ! Comment est-ce possible, pensai-je, que mon oncle éloigné ait réussi à me faire ce « beau cadeau » ?! D’accord, ce travail est complètement contraire à mes exigences et à mes expectatives, mais tenter ne coûte rien. Cela peut même m’embourgeoiser, et bateau et baraque ne me serviront plus à rien.  



Chapitre 2 Un désespéré dans le désert


 Je m’étends sur le lit et commence à penser ; j’ai envie de penser à ce genre de travail que je suis sur le point d’affronter, à ce genre de satisfaction que peut me donner un bon salaire en fin de mois, à mes rapports avec les collègues. D’une pensée à l’autre, il s’est fait tard, et je m’endors, non sans avoir préparé, pour le lendemain, veste, cravate et les documents demandés pour cette présentation : certificat de naissance, livret de travail, etc. Je me réveille, après huit heures de sommeil environ, vif et plein d’énergie ; je me lave, m’habille, prends tout le nécessaire et je me rends au siège de la banque. Je marche à grande allure, je me sens presque un inséré, comme tant d’autre, dans ce monde du travail qui anoblit l’homme. Après vingt minutes environ, j’arrive chez le directeur, je me présente en lui remettant la lettre d’acceptation, je lui donne mes références, et je commence à m’asseoir. Lui, un type à l’air bourru, dans la cinquantaine, me dit d’un sourire forcé : « Vous pouvez commencer dès maintenant, je vous présenterai le chef du bureau qui sera votre supérieur direct ». Aussitôt dit, aussitôt fait, il m’accompagne dans la salle du bureau, me présente un homme suant avec les traits contrastés, lequel après m’avoir dévisagé, s’exclame en me fixant : « Bienvenu dans cet enfer ». De suite, je pensai à une façon de parler ; il est courant que certains s’amusent à mettre mal à l’aise leur prochain, et donc, faisant semblant de rien, je me rends à l’endroit qu’il m’indiqua pour commencer mon premier travail. 
 Quinze jours, désormais, sont déjà passés depuis que j’ai commencé ce maléfique travail, et je me sens déjà à bouts ; l’hypocrisie des collègues me donne la nausée rien qu’en les regardant, l’arrogance des clients me fait monter le sang à la tête. Cependant, mon éducation qui me distingue de celle des autres, me retient d’entreprendre des actions dont je pourrais me repentir. Je n’en peux plus ! Je ne suis pas du genre demi-mesures ! J’attends donc de percevoir mon premier salaire, et je décide de me mettre en maladie : je me rends à l’hôpital et, pris de forts tremblements et de fortes douleurs de tête pendant les heures de travail, symptômes peu vérifiables par des appareillages spécifiques, je réussis à me faire donner un certificat médical qui me dispense de travail pendant vingt jours sans obligation de rester à la maison pour un éventuel contrôle. Je me rends, donc, dans une agence de voyages où, parmi toutes les brochures, dont certaines suggéraient des destinations vraiment belles et fascinantes, mais pleines de milliardaires, qui en troupeaux, s’affûtent les canines pour, ensuite dans leur ville, mieux les planter dans la viande tendre des agnelets, aux toisons tondues et sans défense, m’a intéressé justement celle qui, inconsidérée par toutes les personnes présentes, promouvait le charme de ville comme Alger et Tripoli et du désert voisin du Sahara. Le prix est clairement abordable et cela rend encore plus accueillants ces endroits où traditions ancestrales et tabou rendent ces lieux décontaminés de l’exaspérante et envahissante industrialisation. Et c’est justement cette frénésie de s’évader complètement, même si ce n’est que pour quinze jours, qui me pousse à acheter un billet de bateau, de Naples à Alger à l’aller, et de Tripoli à Catane au retour, puis de Catane, je prendrai l’avion pour rentrer chez moi. Tout ce que je suis en train de manger ce soir me semble meilleur ; les plats savoureux que ma mère me prépare affectueusement chaque jour, ce soir, ils ont une autre saveur et ne seront pas indigestes comme d’habitude, mais ils remplieront pacifiquement mon estomac sans devoir lutter avec la terrible bile, ce liquide qui, avec le temps, s’est adapté à n’importe quel médicament et sédatif et qui, grâce à une puissante armure et un fouet d’épines, punit sans dérangement les visiteurs occasionnels de mon intestin. Ce soir, elle restera dans sa tanière qui ne l’expulsera pas avec violence ne la rendant, comme d’habitude, implacable. Même regarder la télévision me donne plus de plaisir ; il est même savoureux d’absorber le carrousel, spectacle de variété que j’ai toujours détesté par mon humeur noir, c’est ce soir une agréable compagnie. Il est déjà 23 heures, et mon coussin, sale et piquant comme toujours, se révèle moelleux et parfumé et la tiédeur chaude des couvertures, niche journalière de mon instinct insatisfait, devient une récompense confortable pour mes membres excités. Que c’est beau de se réveiller avec confort sans écouter l’odieuse sonnerie du réveil qui, implacablement à 7h30 chaque matin, effare ce muscle, qui depuis le temps, s’est conformé à ce tambour, perdant cette forme artistique naturelle qui servit tant de fois de cible aux flèches chaudes de Cupidon. Le matelas aussi, contrairement à la pente habituelle qu’il forme chaque jour, permettant même de me laisser glisser jusqu’au sol, ce matin il est bien stabilisé dans la surface du sommier qui, étrangement, n’a pas bouger d’un seul centimètre dans la pièce. Les couvertures sont encore retroussées en ordre et les draps sont lisses comme s’ils venaient d’être changés ; et dire que leurs tourbillons fous habituellement formés rendent mon réveil encore plus pesant. Comme le café est bon ce main ! Il s’est même rendu moelleux comme dans les bars ! C’est plaisant de s’étirer et de se remplir les poumons d’un air prometteur, de se désintoxiquer d’un sol, à l’atmosphère graveleuse et grise de tous les jours. Qu’elle est bonne, même, cette odeur de naphtaline que je flaire lorsque, monté sur une chaise, je dépoussière mes habits d’été, qu’une armoire garde jalousement ; vêtements qui eurent leurs anniversaires quand, il y a quelques années, je laissais libre cours à ma vitalité en discothèque et faisais des coups avec les filles par mon insouciance. Ensuite, avec les années, ils s’étaient froissés à force de les exposer à l’usure quotidienne, que poussière, encre et impétueux collègues de travail rendent destructives. La valise est prête et il est l’heure de se rendre au port. Quelle étrange sensation je ressens en tournant les épaules à la fermeture de la porte de la maison : c’est comme le déclenchement d’un bouton qui ouvre à mes yeux un nouveau monde. 


« Passagers à bord ; le navire est en partance pour Algér ; les visiteurs sont priés de descendre ». Et, le moment tant attendu du départ. Je me suis installé dans une cabine à quatre lits, ce que mes finances m’avaient permis. Un hublot, d’un métal portant vieux et rouillé, permet à la lumière du jour de filtrer, éclairant ces grabats que seul le blason de la compagnie de navigation distingue des lits superposés militaires. Le lit que je me suis choisi est celui en haut à gauche. Déjà, c’est beau d’être en haut ! Même lorsque j’étais soldat, j’insistais pour dormir dans le lit superposé supérieur, inconfortable à souhait, mais sans aucun doute moins odorante de la sous-jacente, que pets et masturbations du locataire du dessus rendaient plutôt dangereuse par manque total, à certains moments, d’azote, d’anhydride carbonique et d’oxygène. Mais même là-haut, il n’y avait pas un parfum de rose : des effluves de gorgonzola détestable, dont semblaient être imprégnés les extrémités tellement ils haïssaient se salir d’eau, montaient comme des gaz invisibles jusqu’au plafond, en rendant la

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Publisher: BookRix GmbH & Co. KG

Publication Date: 02-07-2015
ISBN: 978-3-7368-7634-7

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